Essai Ford Mustang Mach-E GT : appellation d’origine controlée

Avec un blason pareil, on attendait forcément beaucoup du Mach-E GT. Et s’il n’a pas le look de sa sœur thermique avec qui il partage son nom, ce Mustang sait donner le sourire au volant.LES PLUS

  • Très bonnes performances
  • Comportement joueur à la demande
  • Feeling de direction

LES MOINS

  • Tarif salé
  • Habitabilité un peu décevante
  • Confort ferme

Jantes de 20 pouces spécifiques, logo GT avec une calligraphie reprise du coupé sportif éponyme, pare-chocs redessinés… Le plus virulent des Mustang Mach-E ne veut pas qu’on le confonde avec un autre dans la circulation ! A l’intérieur pourtant, il n’y a guère que quelques matériaux ainsi que les sièges sport qui mettent la puce à l’oreille. Bien dessinés, ces derniers permettent de se concocter une position de conduite aux petits oignons. On est assis un peu haut, SUV oblige, mais l’amplitude de réglages permet au plus grand nombre de s’y sentir comme à la maison. Et c’est tant mieux car il faut bien tenir le cerceau au moment d’écraser l’accélérateur ! L’américain bondit de 0 à 100 km/h en à peine 4,4 s, soit 6 dixièmes de mieux que la version Extended Range AWD, la plus puissante jusqu’à l’arrivé de ce GT.

Belle santé

Notre pur-sang du jour reprend l’architecture à deux moteurs électriques de l’AWD, logeant un bloc sur chaque essieu. Sauf qu’ici, la puissance cumulée affiche 487 ch et le couple atteint carrément 860 Nm. La transmission intégrale est donc bienvenue pour tenter de faire passer toute la cavalerie au sol, surtout avec les pneus neige qui équipaient notre modèle d’essai. Le Mach-E GT marche très fort, profitant d’un punch instantané pour effacer tous dépassements et autres insertions sur voie rapide en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Il faut en permanence garder un œil sur le petit écran horizontal qui fait office de compteur pour ne pas se faire surprendre ! Chose étonnante toutefois, la poussée ne s’essouffle pas avant au moins 150 km/h sur les premières accélérations, mais la puissance semble bridée ensuite, le Mach-E paraissant sensiblement moins tonique dès 120 km/h lorsque l’on répète l’exercice. Peut-être pour éviter de trop faire chauffer la batterie ? Toujours est-il qu’il faut rouler à rythme sénatoriale pendant quelques kilomètres avant de retrouver toute la fougue du Mach-E GT quand on accélère franchement.

Très typé propulsion

Heureusement, le SUV électrique ne transforme pas l’expérience en pétard mouillé au premier virage venu. Car s’il sait se montrer démonstratif en ligne droite, le Mustang Mach-E GT est aussi étonnement agile dans les courbes. Certes, ses près de 2,3 tonnes se font sentir sur les changements d’appuis soudains, mais quand l’on ne le brusque pas trop, il se montre équilibré voire enjoué avec un train arrière très prompt à enrouler. Heureusement que l’ESP veille au grain, sans quoi on se retrouverait très fréquemment en contre-braquage à chaque sortie de virage ! Ce comportement très typé propulsion étonne sur une familiale à batterie, mais permet aussi au Mach-E GT de légitimer son appellation Mustang, n’en déplaise aux intégristes du bon vieux V8. Si l’on joue avec les transferts de charge en limite de grip, les glisses sont amorcées très naturellement et la Ford ne se montre pas piégeuse ou imprévisible. La direction précise et agréablement consistante aide à placer l’auto avec confiance, mais il ne faut pas oublier qu’avec 4,74 m de long, le Mach-E est un gros bébé dont il faut s’occuper.