TOYOTA SE LANCE DANS LE ROBOT-TAXI

En Chine, le constructeur japonais s’est associé à la start-up Pony.ai et GAC pour déployer à large échelle des taxis autonomes. Leur premier véhicule en commun vient d’être présenté dans ce pays.

Et sans surprise, c’est une bZ4X, le seul véhicule électrique de la gamme. Ce SUV embarque un système autonome PonyPilot+ de niveau 4 comprenant un lidar à l’état solide, des caméras et des radars millimétriques. Des panneaux lumineux signalent à tout instant aux piétons et autres usagers ce que fait le véhicule.

Ce système de 7e génération est fourni par Pony.ai, un acteur sino-américain qui a été fondé en 2016 dans la Silicon Valley. À ce jour, il revendique 21 millions de km en mode autonome, dont plus d’un million sans opérateur à bord et 200 000 courses. En Chine, Pony.ai a décroché des licences pour opérer un service de robot-taxi dans des villes comme Pékin, Shenzhen, Guangzhou. Et il collabore avec d’autres constructeurs comme SAIC et Geely.

Mais, c’est Toyota qui a pris tout le monde de vitesse en signant un accord avec lui, avec à la clé une enveloppe de 139 millions de dollars. Il faut dire que les deux parties collaboraient depuis 2019. Des Lexus RX 450h et Toyota Sienna ont été utilisés en Chine pour des tests. Et dans sa flotte, Pony.ai dispose déjà de 200 véhicules Lexus et Toyota. L’accord conclu en août dernier prévoit le déploiement en masse de robots-taxis. C’est plutôt une bonne opération pour Toyota qui, comme les autres constructeurs japonais, souffre en Chine de la concurrence des constructeurs locaux.

Déjà un précédent avec Uber et Lyft

Dans le domaine de la voiture autonome, le géant nippon n’en est pas à son coup d’essai.

En 2018, il avait signé un chèque de 500 millions de dollars à Uber. C’était à l’époque où tout semblait sourire au leader mondial du VTC, qui promettait de déployer rapidement des voitures sans chauffeur. De plus, les deux entreprises avaient collaboré autour du projet de navette autonome e-Palette, présentée en grande pompe cette année-là au CES de Las Vegas. L’année d’après, Toyota a même rajouté plus de 600 millions avant l’entrée en bourse de son partenaire.

Mais, Uber a perdu toute crédibilité quand une de ses voitures a tué une femme qui traversait en novembre 2019. Son activité autonome a été reprise depuis par Aurora, une start-up pilotée par un ancien de Google. Et le géant du VTC s’appuie aujourd’hui aux Etats-Unis sur d’autres acteurs comme Waymo et Motional pour des courses en mode autonome ou de la livraison de repas.

En 2021, Toyota avait également dépensé 550 millions de dollars auprès de Lyft, le grand rival d’Uber, pour récupérer sa division véhicules autonomes et la transférer à sa filiale Woven by Toyota.

Système Teammate et logiciel maison

Toyota se lance dans le robot-taxi - Système Teammate et logiciel maison

Credit Photo – Toyota

Cette structure est la boite à idées du groupe. C’est chez Woven que se préparent les grands chantiers du constructeur japonais, comme la mise en place d’un système d’exploitation maison (Arene, prévu à partir de 2025) et la conduite autonome.

Dans ce dernier domaine, Toyota a eu l’occasion de présenter des prototypes sur base Lexus, une première fois en 2013 (bien avant que Tesla ne sorte l’Autopilot) au CES de Las Vegas, puis une seconde fois en 2019. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de monter à bord de ce véhicule, une LS500h, lors de son passage en Europe, au siège de Toyota près de l’aéroport de Bruxelles. Comme bon nombre de constructeurs, le géant japonais travaille depuis les années 90 sur l’automatisation de la conduite. Mais au Japon, il s’est fait brûler la politesse par Honda, qui a lancé avant lui (et sur une petite série de la Legend) l’autonomie de niveau 3

Le choix de Toyota est de proposer un compagnon (Teammate), qui fait corps avec le véhicule mais donne au conducteur le sentiment que c’est lui qui reste aux commandes. La panoplie n’a rien à envier à un Autopilot, surtout sur la version la plus avancée qui équipe la Mirai à hydrogène. Que ce soit en connectivité, échange de données et mises à jour

La navette autonome déployée dans une ville laboratoire

Toyota se lance dans le robot-taxi - La navette autonome déployée dans une ville laboratoire

Toyota e-PaletteCredit Photo – Toyota

Pour en revenir à la navette e-Palette, Toyota avait imaginé au début un écosystème associant Amazon, DiDi (l’équivalent d’Uber en Chine), Mazda, Pizza Hut et Uber.

Ce n’est plus vraiment le schéma, car le constructeur a déployé des navettes dans le cadre des Jeux Olympiques de Tokyo pour transporter des athlètes, à l’été 2021. Et elles étaient adaptées au transport de personnes handicapées. L’une d’elles a heurté un judoka malvoyant, heureusement sans gravité. Un incident dont Toyota se serait bien passé, d’autant que des opérateurs se trouvaient à bord au moment de la collision. Mais, le géant japonais va continuer.

Il va utiliser ses navettes pour transporter les habitants de Woven City, une ville-laboratoire qui est en cours d’aménagement au pied du Mont-Fuji. Et pour ceux qui douteraient encore des capacités du groupe, un bus autonome transportait dès 2005 les visiteurs de l’Expo Universelle de Nagoya.

Un rover lunaire en préparation

Toyota se lance dans le robot-taxi - Un rover lunaire en préparation

Toyota Lunar RoverCredit Photo – Toyota

Toyota collabore par ailleurs avec l’agence spatiale japonaise, la JAXA, pour développer un rover lunaire (Lunar Cruiser).

Développé en partenariat avec Mitsubshi Heavy, ainsi qu’avec Bridgestone pour des pneus sans air, cet engin devrait être lancé en 2029. Il sera capable de se déplacer avec deux astronautes à bord, mais aussi sans équipage pour des missions sur la Lune.

L’objectif est de tester des technologies qui pourraient être ensuite adaptées aux véhicules terrestres. Une maquette de ce futur véhicule a été présentée au salon de Tokyo, ainsi qu’un véhicule tout-terrain qui pourrait aussi partir explorer les cratères de la lune. Pas si mal pour un industriel qui a commencé dans l’automobile il y 88 ans, et qui a écoulé à ce jour 300 millions de véhicules à la surface de la Terre.

  • Pour résumer
  • En Chine, le constructeur japonais s’est associé à la start-up Pony.ai et GAC pour déployer à large échelle des taxis autonomes. Leur premier véhicule en commun vient d’être présenté dans ce pays.

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