Quand on pense panne sur une voiture électrique, on imagine tout de suite un problème de batterie de traction ou d’autonomie qui s’effondre. Pourtant, une large enquête menée par La Chaîne EV auprès de plus de 1 700 témoignages de pannes pointe un coupable bien plus banal : la petite batterie 12 volts, la même technologie centenaire que sur une voiture essence. Un sujet qui mérite qu’on s’y attarde, notamment pour les propriétaires marocains de véhicules électriques et hybrides, où le climat et le kilométrage jouent un rôle non négligeable.
Le classement des pannes du quotidien
Sur l’ensemble des témoignages analysés, la batterie 12 V arrive largement en tête avec environ 10 % des mentions, devant les soucis d’écran ou de multimédia, les défauts de traction, les bugs logiciels et les pannes de climatisation. Les capteurs, le chargeur embarqué, les freins ou encore les poignées de porte ferment la marche, loin derrière.
L’ironie : la grosse batterie tient, la petite lâche
C’est tout le paradoxe relevé par l’étude : la batterie de traction, celle qui fait rouler la voiture, garde généralement plus de 90 % de sa capacité même après 200 000 km. C’est au contraire la modeste batterie au plomb de 12 V, chargée d’alimenter les systèmes annexes, qui pose le plus de problèmes. Une étude de l’équivalent allemand de l’Automobile Club confirme la tendance : la 12 V serait impliquée dans environ la moitié des pannes de voitures électriques, contre un peu moins pour les thermiques.
Une panne anodine, mais totalement bloquante
Le plus frustrant dans l’histoire : une 12 V fatiguée n’a rien de grave en apparence, mais elle peut immobiliser complètement le véhicule. Plus de la moitié des témoignages qui mentionnent ce problème rapportent aussi une panne bloquante, contre une proportion bien plus faible sur l’ensemble du panel. La raison est mécanique : sans cette petite batterie, impossible d’activer les contacteurs qui donnent accès à la grosse batterie de traction, même si celle-ci est chargée à 100 %. Autrement dit, la panne la plus banale devient la plus handicapante.
Hyundai et Kia dans le viseur, et la chaleur marocaine n’aide pas
L’étude pointe un taux de mentions nettement plus élevé chez Hyundai et Kia que sur le reste du marché, avec le Kona, l’Ioniq 5 et l’EV6 particulièrement concernés. Ces deux marques sont pourtant très présentes au Maroc, notamment via leurs modèles électriques et hybrides vendus à Casablanca et dans les grandes villes du royaume.
Un point à surveiller de près chez nous : la chaleur estivale, surtout dans des villes comme Marrakech ou Béni Mellal, est un facteur connu d’usure accélérée des batteries au plomb. Un véhicule électrique qui reste stationné en plein soleil pendant plusieurs jours, comme cela peut arriver lors d’un départ en vacances, sollicite davantage cette petite batterie que dans un climat tempéré européen.
Un problème surtout lié à l’âge et au kilométrage
Bonne nouvelle relative : ce n’est pas un défaut de conception généralisé. Les véhicules concernés par une panne 12 V sont en moyenne plus anciens et plus roulés que le reste du panel étudié. Une batterie au plomb s’use avec le temps, qu’elle équipe une thermique ou une électrique. Pour un acheteur marocain qui envisage l’occasion, c’est un point de vigilance simple à intégrer : sur un véhicule électrique de plusieurs années avec un kilométrage conséquent, prévoir un contrôle de la 12 V fait partie des vérifications de base, au même titre que les pneus ou les plaquettes de frein.
Verdict Maroc Mobilité
Le message à retenir pour les propriétaires marocains de véhicules électriques : la batterie de traction n’est pas le point faible que l’on croit, c’est la petite 12 V, héritée du thermique, qui mérite le plus d’attention. Sur les modèles Hyundai et Kia notamment, un contrôle régulier de cette batterie, en particulier avant les grosses chaleurs de l’été et avant un long trajet type Casablanca-Agadir, permet d’éviter la mauvaise surprise du véhicule qui refuse de démarrer alors que la batterie principale est pleine.
Un réflexe simple, peu coûteux, et qui pourrait bien s’imposer comme un incontournable de l’entretien électrique au même titre que la vidange sur une thermique.
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