BMW iX5 : pourquoi ce nouveau SUV électrique n’utilise (finalement) pas la vraie plateforme Neue Klasse

Depuis quelques années, BMW ne parle que de ça : Neue Klasse. Une nouvelle génération de modèles présentée comme une refondation totale de la marque à l’ère de l’électrique. Sauf que voilà, avec l’arrivée du nouveau BMW iX5, un détail technique surprend les connaisseurs : ce grand SUV électrique repose sur une base bien plus ancienne que prévu. On vous explique ce qui se cache derrière ce petit tour de passe-passe marketing — et pourquoi ça mérite votre attention si vous suivez le segment premium.

Neue Klasse, une philosophie plus qu’une seule plateforme

Il faut d’abord distinguer deux choses que BMW a tendance à mélanger dans sa communication. D’un côté, “Neue Klasse” désigne une philosophie globale : nouveau design, nouvelle électronique embarquée, nouvelles cellules de batteries, nouveau système d’exploitation. De l’autre, il y a la plateforme technique dédiée 100% électrique, baptisée en interne NCAR (New Cluster Architecture), qui équipe pour l’instant les BMW iX3 et i3.

Cette architecture NCAR a été pensée dès le départ pour l’électrique : la batterie participe directement à la rigidité structurelle du véhicule, ce qui permet de gagner du poids et de la place. Un vrai bond technologique, sur lequel BMW a investi des sommes colossales — de l’ordre de plusieurs milliards d’euros.

L’iX5, un cas à part : neuf en apparence, ancien en dessous

Le nouveau iX5 reprend bien le look Neue Klasse — capot sculpté, vitres sans joints, instrumentation basse au pare-brise — et embarque une bonne partie de la technologie de la gamme : cellules cylindriques, tension 800 volts, moteur arrière de sixième génération. Résultat, il affiche des chiffres impressionnants : recharge en crête à 460 kW, 0 à 100 km/h en 4,6 secondes, et jusqu’à 845 km d’autonomie annoncée.

Mais sous cette carrosserie moderne, l’iX5 repose en réalité sur la plateforme CLAR, une architecture multi-énergie développée au début des années 2010, capable d’accueillir aussi bien des motorisations thermiques que des hybrides ou des électriques. C’est cette même base qui équipe déjà des modèles comme la BMW i4. Autrement dit : un habillage Neue Klasse posé sur une structure plus ancienne.

Pourquoi ce choix ?

Plusieurs raisons expliquent ce compromis technique :

  • La production reste basée aux États-Unis, à l’usine de Spartanburg, un marché où l’électrification progresse plus lentement qu’en Europe. Convertir cette usine à la plateforme 100% électrique NCAR aurait représenté un investissement considérable, pour un modèle qui continuera à se vendre majoritairement en versions thermiques ou hybrides outre-Atlantique.
  • La priorité industrielle va aux volumes, sur les modèles où l’électrique performe déjà bien commercialement (comme l’iX3), pour rentabiliser plus vite l’investissement NCAR.
  • Des équipements encore réservés à de faibles volumes, comme la suspension pneumatique ou les roues arrière directrices, ne sont pour l’instant pas compatibles avec la nouvelle architecture électrique.

Conséquence concrète : l’iX5 affiche une masse nettement supérieure à celle de l’iX3 — près de 540 kg de plus — un écart qui ne s’explique pas uniquement par sa grosse batterie de 141 kWh, mais aussi par cette architecture moins optimisée pour le tout-électrique.

Ce que ça change pour un acheteur ou un professionnel marocain

Ce genre de distinction technique peut sembler anecdotique, mais elle est utile à connaître pour qui s’intéresse au segment SUV électrique premium, notamment dans une logique de flotte d’entreprise ou de location longue durée :

  • Toutes les BMW électriques ne se valent pas techniquement, même au sein d’une même génération de communication. Un iX3 “Neue Klasse” et un iX5 “Neue Klasse” n’ont pas la même architecture sous le capot, ce qui peut jouer sur l’efficience réelle, l’autonomie utile et, à terme, la valeur résiduelle du véhicule.
  • Le poids et l’efficience restent des critères clés pour les flottes professionnelles, où la consommation réelle et le coût total de possession pèsent lourd dans la décision.
  • La bataille des plateformes électriques que se livrent les constructeurs allemands, chinois et français est un signal fort à suivre pour anticiper les futures offres qui arriveront, tôt ou tard, sur le marché marocain.

Verdict Maroc Mobilité

Le BMW iX5 n’est pas un mauvais SUV électrique, loin de là — ses chiffres de performance et d’autonomie restent parmi les meilleurs du marché actuel. Mais il illustre bien la complexité des choix industriels des grands constructeurs : entre philosophie marketing et réalité technique, il y a parfois un monde. Pour un futur acheteur ou gestionnaire de flotte, le réflexe à garder est simple : ne jamais se fier uniquement à l’étiquette “nouvelle génération”, et toujours creuser ce qu’il y a réellement sous la carrosserie.

Et vous, la plateforme d’un véhicule électrique, c’est un critère que vous regardez avant d’acheter ou de leaser ? 🔧

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