Gasoil au Maroc : pourquoi le prix dépasse les 15 DH et faut-il s’attendre à d’autres hausses ?

Faire le plein coûte de nouveau plus cher au Maroc. Après plusieurs semaines de hausses successives, le prix du gasoil a franchi un nouveau cap à la pompe à la mi-septembre. Dans de nombreuses stations, le litre tourne désormais autour de 15,30 à 15,35 DH, selon la ville et le distributeur.

Pour les automobilistes marocains, ce n’est pas seulement quelques centimes de plus affichés sur le panneau de la station. À force de hausses, la facture commence réellement à se faire sentir, notamment pour ceux qui utilisent leur voiture quotidiennement.

Alors, pourquoi le gasoil augmente-t-il autant ? Et surtout, jusqu’où cette hausse peut-elle aller ?

Le gasoil dépasse à nouveau les 15 DH

La dernière révision, entrée en vigueur le 16 septembre 2026, a ajouté environ 0,34 DH par litre au prix du gasoil. Celui-ci s’est ainsi établi autour de 15,30 DH/L, avec des différences possibles selon les stations et les villes.

Cette nouvelle hausse intervient après une série d’augmentations particulièrement rapprochées.

Depuis la mi-juillet, le gasoil a notamment augmenté d’environ :

  • +0,69 DH à la mi-juillet ;
  • +1 DH au début du mois d’août ;
  • +0,65 DH à la mi-août ;
  • +0,06 DH au 1er septembre ;
  • +0,34 DH au 16 septembre.

En quelques semaines seulement, l’addition devient donc beaucoup plus importante qu’une simple hausse isolée. Selon les relevés disponibles, le gasoil est passé d’environ 12,60 DH/L début juillet à plus de 15 DH/L en septembre.

Pour un plein de 50 litres, ça change quoi ?

C’est probablement la manière la plus simple de comprendre l’impact de cette hausse.

Avec un prix de 12,60 DH/L, un plein de 50 litres coûtait environ :

630 DH.

Avec un gasoil à 15,30 DH/L, le même plein revient à environ :

765 DH.

Cela représente donc environ 135 DH de plus pour un plein de 50 litres.

Pour quelqu’un qui fait un plein chaque semaine, la différence peut devenir importante sur un mois.

Et pour les professionnels qui parcourent plusieurs milliers de kilomètres, comme les chauffeurs de taxi, les transporteurs, les livreurs ou certains commerciaux, l’impact est évidemment encore plus important.

Pourquoi le gasoil augmente-t-il au Maroc ?

Le Maroc est particulièrement exposé aux fluctuations des marchés internationaux de l’énergie.

Depuis la libéralisation du marché des carburants en 2015, les prix à la pompe ne sont plus fixés directement par l’État. Ils évoluent en fonction notamment des cotations internationales des produits pétroliers, des coûts d’importation et de la parité du dirham face au dollar. Les révisions interviennent généralement deux fois par mois.

Et actuellement, le problème ne concerne pas uniquement le prix du pétrole brut.

Les marchés internationaux connaissent également de fortes tensions sur les produits raffinés, notamment le diesel.

À la mi-septembre, le Brent évoluait autour de 108 dollars le baril, tandis que le WTI se situait autour de 105 dollars, dans un contexte de fortes inquiétudes concernant l’approvisionnement énergétique mondial.

Le pétrole n’explique pas tout

C’est un point souvent oublié.

Quand on parle de carburant, on pense immédiatement au prix du baril de pétrole.

Mais le Maroc importe essentiellement des produits pétroliers raffinés. Depuis l’arrêt de la raffinerie Samir en 2015, le Royaume ne transforme plus de pétrole brut sur son territoire et dépend donc davantage des marchés internationaux pour son approvisionnement en carburants raffinés.

Cela signifie que le prix du gasoil peut être fortement influencé par la situation du marché du diesel lui-même.

Et actuellement, les tensions sur l’offre de produits raffinés sont particulièrement importantes.

Autrement dit, même si le prix du baril baisse ponctuellement, cela ne signifie pas automatiquement que le prix du gasoil va baisser immédiatement à la pompe.

Pourquoi une baisse du pétrole ne se voit-elle pas toujours immédiatement ?

C’est une question que beaucoup d’automobilistes se posent.

« Le pétrole baisse, alors pourquoi mon gasoil ne baisse pas ? »

La réponse est notamment liée au décalage entre les cotations internationales et les révisions des prix au Maroc.

Les prix à la pompe tiennent compte des évolutions internationales avec un certain décalage. Le taux de change du dirham face au dollar et les coûts liés à l’importation et à la distribution entrent également en ligne de compte.

C’est pour cette raison qu’une baisse enregistrée sur les marchés mondiaux ne se traduit pas forcément par une baisse immédiate à la station-service.

Le Maroc reste très dépendant du gasoil

Le diesel occupe une place particulièrement importante dans le transport au Maroc.

Voitures particulières, véhicules utilitaires, camions, taxis, transport de marchandises… Une grande partie de l’activité économique dépend encore du gasoil.

Selon les données rapportées par LeBrief, le gasoil représente environ 75 à 80 % de la consommation nationale de carburants.

C’est pourquoi une hausse du diesel ne concerne pas uniquement les propriétaires de voitures diesel.

Elle peut également avoir des conséquences indirectes sur le prix du transport, de la livraison et, plus largement, sur les coûts de nombreuses activités économiques.

Et pour les automobilistes marocains ?

Pour le conducteur qui utilise sa voiture tous les jours, la première conséquence est évidemment la hausse du budget carburant.

Prenons un automobiliste qui consomme environ 50 litres par semaine.

À 12,60 DH/L :

50 × 12,60 = 630 DH par semaine.

À 15,30 DH/L :

50 × 15,30 = 765 DH par semaine.

Sur quatre semaines, cela représente environ 540 DH de différence.

Bien sûr, la consommation varie énormément d’un conducteur à l’autre. Mais cet exemple montre pourquoi quelques dirhams supplémentaires par litre finissent par peser lourd dans le budget d’un ménage.

Faut-il s’attendre à une nouvelle hausse ?

Il est encore trop tôt pour annoncer avec certitude le prix de la prochaine révision.

Les marchés pétroliers restent très volatils et dépendent de nombreux facteurs : situation géopolitique, approvisionnement mondial, prix du pétrole brut, disponibilité du diesel raffiné, transport maritime et évolution du dollar.

La prochaine révision des prix est prévue pour le 1er octobre 2026.

Ce qui est certain, c’est que la situation internationale reste sous pression et que le marché marocain demeure exposé à ces fluctuations.

Une situation qui relance la question de la voiture électrique

À chaque nouvelle hausse du carburant, une question revient naturellement : est-ce encore intéressant de rouler au diesel ?

Il n’existe évidemment pas une réponse identique pour tout le monde.

Pour quelqu’un qui parcourt 5 000 ou 6 000 km par an, la différence de consommation entre deux motorisations peut être relativement limitée.

Mais pour un conducteur qui fait 30 000 ou 40 000 km par an, la facture de carburant devient un véritable poste de dépenses.

C’est aussi pour cette raison que les véhicules hybrides, hybrides rechargeables et électriques attirent progressivement davantage l’attention au Maroc.

Le problème reste cependant le même : prix d’achat, disponibilité des modèles, réseau de recharge et habitudes de conduite doivent être pris en compte avant de changer de motorisation.

Le vrai problème : la dépendance énergétique

Au-delà de la hausse du prix à la pompe, la situation actuelle rappelle une réalité importante.

Le Maroc reste fortement dépendant des marchés internationaux pour son approvisionnement en carburants.

Quand les cours mondiaux flambent, la pression finit par arriver jusqu’à la station-service de Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger ou Agadir.

Et derrière chaque hausse du litre, il y a un impact qui dépasse largement le simple plein d’une voiture.

Transport de marchandises, livraison, déplacements professionnels, taxis, logistique… le prix du diesel finit par toucher une grande partie de l’économie.

Et maintenant ?

Le passage du gasoil au-dessus des 15 DH/L marque un nouveau seuil psychologique pour les automobilistes marocains.

Après être descendu autour de 12,60 DH/L au début de l’été, le diesel est revenu à plus de 15 DH/L en quelques semaines.

La prochaine évolution dépendra principalement de la situation des marchés internationaux.

Pour les automobilistes, une chose est déjà certaine : le temps où quelques centimes de variation du carburant passaient inaperçus semble loin.

Aujourd’hui, entre le prix du carburant, l’entretien, l’assurance et les péages, le coût réel d’une voiture devient un sujet de plus en plus important dans le budget des ménages marocains.

Et avec un gasoil à plus de 15 DH le litre, la question que beaucoup commencent à se poser est finalement assez simple :

combien nous coûte réellement notre voiture chaque mois ?

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