Origine de la nouvelle Renault Twingo électrique : une production chinoise ?

Pari tenu ! En seulement deux ans, Renault a réussi à développer une toute nouvelle Twingo électrique, un délai record quand on sait que la plupart des constructeurs européens mettent généralement trois à quatre ans pour concevoir un nouveau modèle. Cette prouesse n’est pas le fruit du hasard : elle est le résultat d’une profonde transformation dans la manière de travailler du groupe français… et d’une inspiration venue de Chine.

Quand Renault apprend des géants chinois

Il n’y a pas si longtemps, les marques chinoises étaient moquées pour leurs voitures au design copié et à la qualité douteuse. Mais tout a changé. En quelques années, la Chine est devenue leader mondial du véhicule électrique, forte d’une maîtrise technologique, d’une capacité de production impressionnante et de coûts imbattables.

Conscients du retard européen, Luca de Meo (directeur général de Renault) et Gilles Le Borgne (alors responsable de l’ingénierie) se sont rendus en Chine en 2023 pour comprendre ce succès. Leur constat fut sans appel : « nous avons pris une claque », a reconnu Philippe Brunet, leur successeur à la tête de l’ingénierie.

Leur enseignement ? Pour rivaliser, il faut adopter les méthodes chinoises — rapidité, simplification, réactivité — et être au plus près de l’écosystème industriel local.

Un centre de R&D à Shanghai pour aller plus vite

Renault a donc ouvert à Shanghai un nouveau centre de recherche et développement, baptisé ACDC (Ampere China Development Center). Ce centre a joué un rôle déterminant dans la conception de la nouvelle Twingo.

Composée d’une majorité d’ingénieurs chinois, cette équipe a permis de réduire drastiquement les délais de développement, en s’appuyant sur des fournisseurs locaux et des processus plus courts. Plusieurs partenaires chinois ont participé au projet :

  • Launch Design pour la partie esthétique,
  • Shanghai E-Drive pour le moteur électrique,
  • et CATL, géant mondial des batteries, pour la fourniture des cellules LFP.

Une voiture européenne avant tout

Mais alors, la nouvelle Twingo est-elle une voiture chinoise avec un logo Renault ?
Pas du tout.

Le projet a bien été initié en France, au Technocentre Renault, avec une base technique européenne : la plateforme AmpR Small, la même que celle de la future Renault 5 électrique.
Les systèmes électriques, logiciels, aides à la conduite et interfaces multimédia ont été développés par Ampere, la filiale électrique du groupe, en Europe. Le design est également signé Renault, avec des éléments repris d’autres modèles de la marque, comme les commandes de climatisation de la Clio 5.

40 % de composants chinois… mais une production européenne

Il est vrai que la Twingo intègre environ 40 % de composants d’origine chinoise, principalement à cause de la batterie. Ce chiffre devrait descendre à 17 % lorsque la production de batteries CATL sera localisée en Europe, prévue pour 2027.

Et surtout, contrairement à la Dacia Spring, la Twingo ne sera pas assemblée en Chine, mais en Slovénie, dans l’usine Renault de Novo Mesto, déjà responsable de la génération précédente.

Objectif : une citadine électrique à moins de 20 000 €***

Grâce à cette stratégie hybride entre innovation chinoise et savoir-faire européen, Renault espère proposer une citadine électrique abordable, avec un prix inférieur à 20 000 € ***.

En somme, la nouvelle Renault Twingo électrique n’est ni complètement chinoise ni purement française : c’est un mélange intelligent des deux mondes, une voiture européenne inspirée par la rapidité et l’efficacité de la Chine.

**** Prix en europe

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