Avec la Volvo ES90, la marque suédoise poursuit sa transition vers le tout électrique, malgré quelques hésitations récentes. Après le lancement du Volvo EX90, place à une berline nouvelle génération qui mise sur une technologie clé : l’architecture 800 V, synonyme de recharge rapide et d’efficience accrue.
Mais au-delà des promesses, que vaut réellement cette ES90 sur la route ? Voici notre analyse complète basée sur des mesures concrètes.
Une berline atypique… mais pensée pour l’efficience
Reposant sur la plateforme SPA2, la ES90 adopte une silhouette inhabituelle : une berline surélevée à mi-chemin entre SUV et fastback. Si son design divise, son objectif est clair : optimiser l’aérodynamisme.
Avec un coefficient de traînée de 0,25, elle reste dans la moyenne haute de la catégorie, mais loin d’une référence comme la Lucid Air, beaucoup plus affûtée sur ce point.
Version Single Motor : la plus cohérente
Notre essai porte sur la version Single Motor, équipée :
- d’une batterie de 88 kWh
- d’un moteur arrière de 333 ch (245 kW)
- d’un couple de 480 Nm
Sur le papier, Volvo ES90 annonce :
- 638 km d’autonomie WLTP
- 16,3 kWh/100 km de consommation
Des chiffres ambitieux… que nous avons confrontés à la réalité.
Consommation réelle : des résultats solides mais perfectibles
Cycle mixte : 512 km d’autonomie mesurée
Dans des conditions réelles (13°C), la ES90 affiche :
- 17,2 kWh/100 km
- ≈ 512 km d’autonomie réelle
Un résultat globalement bon pour une berline de ce gabarit (plus de 2,3 tonnes), qui la place au niveau de modèles plus compacts comme le Volvo EX30.
Elle rivalise également avec des références premium comme :
- Audi A6 Avant e-tron
- Lucid Air Grand Touring
Autoroute : 390 km à 130 km/h
Sur long trajet autoroutier :
- 22,6 kWh/100 km
- ≈ 390 km d’autonomie max
- 273 km utiles (80 % → 10 %)
Un score correct, mais légèrement en retrait face aux meilleures de la catégorie, notamment à cause d’une batterie plus petite.
Consommations à vitesse stabilisée
- 90 km/h : 15,7 kWh/100 km
- 110 km/h : 19,3 kWh/100 km
- 130 km/h : 23,5 kWh/100 km
Des valeurs cohérentes, qui confirment que la ES90 reste plus à l’aise sur routes secondaires que sur autoroute.
Performances : confort avant tout
Avec ses 333 ch, la Volvo ES90 privilégie une conduite fluide et linéaire :
- 0 à 100 km/h : 6,5 s
- 80 à 120 km/h : ≈ 4 s
- 400 m départ arrêté : 14,7 s
Des performances comparables à une Volkswagen ID.7 Pro, mais sans brutalité.
À noter : aucun mode de conduite superflu, un choix assumé qui simplifie l’expérience.
Freinage et récupération : efficace mais simplifié
Côté freinage :
- 60 m pour s’arrêter depuis 130 km/h
- 35 m depuis 100 km/h
D’excellentes performances pour une voiture de ce poids.
La récupération d’énergie reste simple :
- mode roue libre
- mode One-Pedal
On regrette toutefois l’absence de réglages intermédiaires.
Vie à bord : le vrai point fort
Là où la ES90 impressionne vraiment, c’est dans son confort :
- silence remarquable (vitrage acoustique)
- matériaux haut de gamme
- espace arrière digne d’une limousine
Le système multimédia basé sur Google Automotive Services est fluide et complet, avec Google Maps intégré.
Mention spéciale pour l’audio Bowers & Wilkins (1 610 W), tout simplement exceptionnel.
Recharge : la promesse de l’architecture 800 V
L’un des grands atouts de la Volvo ES90 réside dans sa recharge :
- jusqu’à 300 kW en DC
- 10 à 80 % en 22 minutes
Une performance rendue possible grâce à l’architecture 800 V, qui pourrait faire la différence sur longs trajets.
Verdict : une grande routière moderne et cohérente
La Volvo ES90 n’est pas la plus efficiente ni la plus autonome de sa catégorie, mais elle propose un équilibre très convaincant :
Points forts :
- confort exceptionnel
- silence et qualité perçue
- recharge ultra rapide
- performances suffisantes
Points faibles :
- autonomie autoroutière moyenne
- ergonomie 100 % tactile perfectible
- design clivant
Au final, la ES90 s’impose comme une véritable routière électrique, pensée pour avaler les kilomètres dans un confort royal plutôt que pour battre des records.
Un choix rationnel… mais aussi émotionnel pour ceux qui privilégient le voyage à la performance brute.
Be the first to comment