Renault opère un changement stratégique majeur dans son organisation. Ampere, la filiale dédiée aux véhicules électriques et aux logiciels, va être dissoute. Une décision forte, portée par le nouveau directeur général du groupe, François Provost, qui souhaite rationaliser la structure du constructeur et tourner la page de certains choix stratégiques de l’ère précédente.
Ampere, un projet ambitieux lancé en 2022
Créée officiellement fin 2022, Ampere devait incarner l’avenir électrique de Renault. La filiale regroupait l’ensemble des activités liées aux voitures électriques, aux logiciels et aux technologies associées, avec plus de 10 000 salariés. Elle était notamment chargée de la conception des nouveaux modèles électriques du groupe.
Ce projet était l’un des piliers de la stratégie de Luca de Meo, alors directeur général de Renault. L’objectif était clair : valoriser l’activité électrique du groupe à travers une introduction en Bourse, attirer de nouveaux investisseurs et bénéficier de l’engouement des marchés financiers pour les pure players de l’électrique, à l’image de Tesla.
Une introduction en Bourse abandonnée
Mais le contexte a rapidement changé. Face à une valorisation jugée insuffisante, Renault a finalement renoncé à l’introduction en Bourse d’Ampere. Dans le même temps, Nissan et Mitsubishi, partenaires historiques de l’Alliance, ont également abandonné leur projet d’investissement dans la filiale.
Privée de son objectif financier initial, Ampere est alors apparue comme une structure lourde et complexe. Selon plusieurs sources, cette organisation a entraîné des lourdeurs administratives, notamment des mécanismes de facturation internes entre Renault et Ampere, ralentissant les processus et compliquant le travail des équipes. Un paradoxe, alors même que Renault cherchait à accélérer le développement de ses nouveaux modèles électriques.
François Provost mise sur la simplification
Arrivé à la tête du groupe en juillet 2025, François Provost a rapidement affiché sa volonté de simplifier la gouvernance et l’organisation interne. Après la suppression de la division Mobilize, dédiée aux nouvelles formes de mobilité, c’est désormais Ampere qui est concernée par ce vaste chantier de restructuration.
Dès le 1er septembre, le nouveau directeur général avait d’ailleurs nommé un responsable unique pour les ingénieries de Renault et d’Ampere, préfigurant une fusion des compétences et des équipes.
Ampere disparaît… mais pas totalement
Selon les informations disponibles, Ampere SAS va être officiellement supprimée. Le pôle industriel ÉlectriCity, qui regroupe plusieurs usines du nord de la France dédiées aux véhicules électriques, sera directement rattaché à Renault.
Toutefois, le nom Ampere ne disparaîtra pas complètement. Il sera conservé pour deux entités spécialisées :
- Ampere Energy, dédiée aux batteries et à l’électronique de puissance
- Ampere Software Technology, concentrée sur les logiciels et les systèmes numériques
Ces deux structures fonctionneront en lien direct avec Renault, sans entité intermédiaire, afin de gagner en efficacité et en rapidité de décision.
Quel impact pour la stratégie électrique de Renault ?
Contrairement aux apparences, cette décision ne marque pas un recul de Renault sur l’électrique. Elle traduit plutôt une réorientation stratégique, visant à intégrer pleinement les compétences clés au cœur du groupe, plutôt que de les isoler dans une filiale.
Dans un contexte où les constructeurs doivent réduire les coûts, accélérer les développements et rester compétitifs face aux acteurs chinois, cette simplification pourrait permettre à Renault de gagner en agilité et en cohérence industrielle.
👉 Un choix stratégique à suivre de près, alors que le marché de l’électrique entre dans une nouvelle phase de maturité, en Europe comme sur les marchés émergents, dont le Maroc.
Be the first to comment