Année après année, Sony affine patiemment son ambitieux projet automobile aux côtés de Honda. Après plusieurs concepts et annonces, 2026 marquera enfin une étape concrète avec la livraison de la berline Afeela 1, premier modèle de la jeune marque. Les lignes de production de l’usine Honda dans l’Ohio ont d’ailleurs commencé à assembler des exemplaires de présérie, prélude à une commercialisation attendue avant l’été.
Mais alors que ce lancement historique se profile, Sony et Honda regardent déjà plus loin. À l’occasion du CES 2026 de Las Vegas, le duo a levé le voile sur son deuxième modèle, un SUV électrique censé élargir la portée d’Afeela sur le marché. Une présentation très attendue… qui laisse pourtant un sentiment mitigé.
Un SUV Afeela sans véritable identité visuelle
Baptisé provisoirement Afeela 2, ce SUV électrique ne brille pas par son audace stylistique. Comparé au concept Vision-S 02 présenté il y a quatre ans au même endroit, le modèle exposé aujourd’hui semble avoir perdu en personnalité.
Le design repose sur une approche très minimaliste : lignes douces, formes arrondies, surfaces lisses et absence quasi totale d’aspérités. Le résultat évoque davantage une berline Afeela surélevée avec un hayon qu’un véritable SUV au caractère affirmé. Un choix étonnant pour une marque encore inconnue du grand public, qui aurait gagné à se démarquer davantage.
À titre de comparaison, le SUV électrique Honda, pourtant basé sur la même plateforme, affiche une identité visuelle plus expressive et plus assumée.
Une stratégie axée sur la technologie plus que sur l’automobile
Depuis le début du projet Afeela, Sony ne cache pas ses priorités : l’expérience numérique et la connectivité passent avant le reste. La démonstration de la berline Afeela 1 au CES en est la preuve. On parle davantage de l’intégration de PlayStation, de services connectés ou de la signature lumineuse interactive que des performances pures du véhicule.
Le SUV électrique ne devrait pas déroger à cette philosophie. Sauf surprise, il reprendra les mêmes composants techniques que la berline, notamment une puissance de recharge plafonnée à 150 kW, un chiffre déjà en retrait face aux standards actuels du segment premium.
Dans un marché où des acteurs comme Tesla, Lucid ou Mercedes misent sur des recharges toujours plus rapides, cette limite technique risque de peser lourd.
Un positionnement tarifaire difficile à justifier
Autre point d’interrogation : le prix. Le SUV Afeela devrait évoluer dans une zone tarifaire proche des 100 000 dollars, soit le niveau d’un Lucid Gravity, modèle nettement plus avancé sur le plan des performances et de l’autonomie.
Or, le SUV Sony-Honda n’est pas encore prêt à entrer en production. Sa commercialisation n’est envisagée qu’à partir de 2028, d’abord en Amérique du Nord, puis au Japon. À ce stade, l’Europe – et a fortiori le Maroc – ne sont pas au programme, ce qui limite encore sa portée internationale.
Verdict Maroc Mobilité : trop de promesses, pas assez de substance ?
Avec Afeela, Sony et Honda veulent inventer une nouvelle manière de concevoir l’automobile, centrée sur le logiciel, le divertissement et l’écosystème numérique. Une vision intéressante, mais qui montre aujourd’hui ses limites.
Ce SUV électrique manque clairement de caractère, d’innovation technique visible et de différenciation pour justifier son positionnement haut de gamme, surtout face à une concurrence déjà bien installée et très agressive.
À deux ans de son lancement potentiel, Afeela 2 a encore du temps pour évoluer. Mais à ce stade, il illustre surtout le paradoxe du projet Sony-Honda : une maîtrise technologique indéniable, mais une proposition automobile encore trop timide pour réellement séduire.
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