Essai longue durée – Renault 4 électrique (Techno 150 ch) : le charme ne suffit pas

Icône populaire remise au goût du jour, la Renault 4 électrique joue à fond la carte du néo-rétro. Design séduisant, production française à Maubeuge, technologies dernier cri… sur le papier, ce petit SUV urbain coche beaucoup de cases. Mais après 2 200 km parcourus en conditions hivernales, avec des températures comprises entre 0 et 10 °C, la réalité est bien plus contrastée.
Verdict sans détour : 250 km d’autonomie réelle pour près de 39 000 €, ça passe difficilement.


Un design rétro-futuriste franchement réussi

Dès le premier regard, la Renault 4 électrique marque des points. Renault a réussi un exercice délicat : moderniser les traits iconiques de la mythique 4L sans tomber dans la caricature. La face avant éclairée, avec son logo lumineux, attire immédiatement l’œil et donne une vraie personnalité à l’auto.

Avec ses 4,14 m de long, la R4 E-Tech se positionne habilement entre la R5 et le Captur. Sa garde au sol de 18,1 cm affirme son statut de SUV urbain, sans excès. Les feux arrière en trois segments rendent un bel hommage au modèle d’origine, tandis que la calandre lumineuse et les barres de toit aérodynamiques ajoutent une touche de modernité et d’aventure — d’autant plus qu’une version Savane à transmission intégrale serait dans les cartons.

Chaussée de roues de 18 pouces (équipées de pneus hiver lors de notre essai), la Renault 4 électrique assume pleinement son positionnement. En matière de néo-rétro, difficile de faire beaucoup mieux aujourd’hui.


À bord : technologie au sommet, ergonomie en retrait

Un système multimédia de référence

À l’intérieur, on retrouve une planche de bord très proche de celle de la R5, dominée par deux écrans de 10 pouces. Le système OpenR Link sous Android Automotive est tout simplement excellent. Fluide, intuitif, rapide, avec Google Maps et l’assistant vocal parfaitement intégrés, il figure sans exagération parmi les meilleures interfaces du marché.

La présentation générale est agréable, avec un tableau de bord habillé de tissu et une position de conduite surélevée offrant une excellente visibilité vers l’avant.

Habitabilité arrière décevante

Malheureusement, l’enthousiasme retombe à l’arrière. Malgré des dimensions extérieures plus généreuses que celles de la R5, l’espace aux places arrière progresse très peu. Avec 1,87 m, mes genoux touchent presque le dossier du siège passager. On est clairement à l’étroit.

Autre déception : l’absence de poignées de maintien à l’arrière et des boucles de ceinture trop souples. Mes deux enfants de 6 et 7 ans ont eu du mal à s’attacher seuls, un détail qui finit par agacer au quotidien.


Un coffre vraiment pratique

Heureusement, le coffre sauve l’honneur. Avec 375 litres, extensibles à 420 litres en comptant le compartiment inférieur, la Renault 4 électrique se montre bien plus accueillante que la R5. Le seuil de chargement très bas (60 cm) est un vrai atout : facile pour charger des courses… ou permettre à un enfant de se changer les chaussures sans effort.

Pas de frunk, pas de plancher parfaitement plat une fois les sièges rabattus (une grosse marche subsiste), et donc pas de camping improvisé possible. Mais pour un usage familial quotidien, le coffre est clairement un point fort.


Sur la route : parfaite en ville, limitée ailleurs

Agréable et agile en milieu urbain

Avec son moteur électrique de 150 ch (110 kW) et ses 245 Nm de couple, la Renault 4 électrique se montre vive sans être sportive. Le 0 à 100 km/h annoncé en 8,2 s est crédible, et la motricité reste bien maîtrisée malgré la traction et les pneus hiver.

En ville et sur routes secondaires, c’est un vrai plaisir. Le diamètre de braquage de 10,8 m permet de se faufiler partout, le confort est bien dosé, et la suspension absorbe correctement les imperfections de la chaussée. On sent clairement que la R4 est dans son élément en environnement urbain et périurbain.

One-pedal driving enfin réussi

Bonne surprise : Renault propose enfin un mode one-pedal driving digne de ce nom, réglable via des palettes au volant. Le calibrage est excellent, y compris batterie pleine, les freins mécaniques prenant le relais de manière totalement transparente. C’est un vrai progrès et un atout majeur pour optimiser la consommation en ville.

Moins à l’aise sur autoroute

À haute vitesse, les limites apparaissent. Les bruits d’air sont assez présents, amplifiés par les pneus hiver, et la consommation explose. Le mode Éco bride même le régulateur à 115 km/h, ce qui peut devenir pénible sur voie rapide. Clairement, la Renault 4 électrique n’est pas faite pour avaler les kilomètres d’autoroute.


Autonomie réelle : la grande désillusion

Renault annonce 409 km d’autonomie WLTP avec la batterie de 52 kWh. Dans la vraie vie, en hiver, le constat est brutal.

Sur l’ensemble de notre essai (2 200 km, 0 à 10 °C), la consommation moyenne s’est établie à 19,9 kWh/100 km, soit une autonomie réelle d’environ 250 km en usage mixte.
Sur autoroute, l’autonomie chute à 150 km, avec des consommations dépassant régulièrement 25 à 26 kWh/100 km.

Pour un SUV présenté comme polyvalent et familial, c’est clairement insuffisant. À ce niveau de prix, on attend au minimum 400 km réels, pas 250 km dans des conditions pourtant courantes en Europe.


Recharge : correcte sur le papier, frustrante à l’usage

La Renault 4 électrique accepte 11 kW en AC et jusqu’à 100 kW en DC. En pratique, nous n’avons jamais observé plus de 93 kW, même sur une borne 175 kW. Le 10-80 % en 30 minutes est respecté, mais compte tenu de l’autonomie autoroutière, cela revient à s’arrêter toutes les heures pour recharger. Difficilement acceptable.

Le planificateur d’itinéraire intégré est en revanche excellent, bien pensé et efficace. Dommage qu’il n’y ait pas de préconditionnement manuel de la batterie, cette fonction n’étant activable qu’en suivant un itinéraire programmé.

Points positifs à souligner malgré tout :

  • pompe à chaleur de série
  • câble Mode 3 fourni
  • compatibilité V2L/V2G
  • trappe de recharge bien placée à l’avant gauche

Prix : trop élevé pour ce niveau de prestations

Notre modèle d’essai Techno 150 ch débute à 35 490 €. Avec les options, la facture grimpe à 38 790 €. Certes, la production française est un argument, mais le tarif reste difficile à justifier au vu de l’autonomie réelle.

L’entrée de gamme démarre à 33 490 €, et le leasing social peut rendre la R4 plus accessible. Mais payer près de 40 000 € pour rouler 200 à 250 km en hiver, cela ne conviendra clairement pas à tout le monde.


Verdict : séduisante, mais trop limitée

La Renault 4 électrique réussit brillamment son pari esthétique et technologique. Elle est agréable à conduire en ville, très bien équipée, et son système multimédia est une référence. Son coffre pratique et son confort urbain en font une excellente voiture du quotidien.

Mais ses faiblesses sont majeures :

  • autonomie réelle trop faible
  • consommation autoroutière excessive
  • prix élevé
  • ergonomie intérieure perfectible
  • caméra de recul indigne du segment

👉 La Renault 4 électrique s’adresse avant tout à un usage urbain et périurbain strict.
Pour les longs trajets, les week-ends improvisés ou les vacances, mieux vaut regarder ailleurs… ou attendre une future évolution avec une batterie plus généreuse.


Points forts

  • Android Automotive ultra-réactif
  • One-pedal driving très bien calibré
  • Coffre spacieux et seuil de chargement bas
  • Design néo-rétro réussi
  • Confort et maniabilité en ville

Points faibles

  • Autonomie hivernale réelle limitée à 250 km
  • Consommation autoroute très élevée
  • Prix trop élevé pour les prestations
  • Rangements intérieurs mal pensés
  • Caméra de recul de très mauvaise qualité

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