Geely passe à l’offensive mondiale : cap sur le Top 5 des constructeurs en 2030

En 2025, le groupe Geely a clairement changé de dimension. Avec une progression de 26 % de ses ventes mondiales et un total de 4,12 millions de véhicules écoulés, marques étrangères incluses (Volvo, Polestar, Lotus…), le constructeur chinois signe l’une des plus fortes croissances du secteur automobile. Une performance symbolique, à l’aube du 40ᵉ anniversaire du groupe, mais qui n’est qu’une étape.

Car Geely ne compte pas s’arrêter là. Dans un marché mondial en pleine recomposition, dominé de plus en plus nettement par les acteurs chinois, le groupe affiche désormais une ambition claire : intégrer le Top 5 mondial d’ici à 2030, et ne pas laisser BYD occuper seul le devant de la scène.


Objectif 6,5 millions de véhicules : un saut stratégique

À l’horizon 2030, Geely vise plus de 6,5 millions de ventes annuelles, soit une croissance supérieure à 20 % en quatre ans. Un volume qui lui permettrait de bousculer l’ordre établi, actuellement dominé par Toyota, Volkswagen, Hyundai/Kia, Stellantis et BYD. Mathématiquement, l’un de ces géants devra céder sa place.

Cette montée en puissance s’appuiera presque exclusivement sur les véhicules électrifiés. Déjà majoritaires dans les ventes du groupe, les modèles électriques et hybrides rechargeables passeront de 56 % en 2025 à 75 % en 2030. Autrement dit, l’intégralité de la croissance future reposera sur ces motorisations.

Autre indicateur clé : l’internationalisation. Geely prévoit qu’un tiers de ses ventes sera réalisé hors de Chine, une évolution majeure pour un groupe historiquement centré sur son marché domestique. À la clé, un chiffre d’affaires estimé à plus de 120 milliards de dollars.


« One Geely » : la fin des marques en silos

Pour soutenir une telle ambition, Geely a décidé de revoir en profondeur son organisation interne. Le plan stratégique baptisé « One Geely » — clin d’œil assumé au plan « One Ford » qui avait permis au constructeur américain de se redresser à la fin des années 2000 — marque une rupture nette.

Jusqu’à présent, les nombreuses marques du groupe (Geely Galaxy, Lynk & Co, Zeekr, LEVC…) fonctionnaient de manière largement indépendante. Cette autonomie était encore plus marquée pour les marques européennes comme Volvo, Polestar ou Lotus.

La récente réintégration de Zeekr, brièvement introduite en Bourse à Hong Kong, en est le premier signal fort : désormais, la priorité sera aux synergies industrielles et technologiques. Plateformes communes, chaînes de traction partagées, mutualisation logistique, accès coordonné aux marchés internationaux… Geely entend rationaliser son empire automobile sans pour autant gommer l’identité de chaque marque.


L’Europe et l’Amérique du Nord au cœur de la stratégie

Dans cette nouvelle organisation, les marques européennes joueront un rôle clé. Volvo, Polestar et Lotus apporteront leur expertise des marchés européens et nord-américains, aussi bien sur le plan réglementaire que commercial.

Geely a d’ailleurs confirmé son intention de lancer Zeekr aux États-Unis, signe que l’offensive internationale est désormais bien engagée. En Europe, le développement de Lynk & Co et de Zeekr n’a rien d’anecdotique, et la production de certains modèles dans des usines partagées avec Volvo apparaît de plus en plus probable à moyen terme.


Une maîtrise technologique de bout en bout

À l’image de BYD ou plus récemment de Xiaomi, Geely souhaite renforcer fortement la conception interne de ses technologies. L’objectif est clair : maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur et ne plus dépendre de fournisseurs externes sur les éléments stratégiques.

Cela concerne aussi bien les cockpits numériques, les chaînes de traction électriques et hybrides, les batteries, les plateformes modulaires que les systèmes de conduite autonome. Cette intégration verticale doit permettre au groupe d’accélérer le développement de ses modèles et de réduire les coûts de conception de 30 % par véhicule, un levier essentiel dans un contexte de guerre des prix mondiale.


Robotaxis, mobilité autonome… et après ?

Dernier pilier de cette stratégie : la mobilité de demain. Geely prévoit le déploiement de 100 000 robotaxis d’ici à 2030, une flotte destinée à opérer dans plusieurs grandes métropoles. Une initiative qui pourrait ensuite être complétée par des VTOL (véhicules électriques à décollage et atterrissage verticaux), un domaine dans lequel le groupe est déjà actif.

Fait notable, alors que la robotique humanoïde est devenue un sujet central chez plusieurs géants technologiques chinois, les ambitions de Geely dans ce domaine n’ont pas été évoquées, laissant planer le doute sur une éventuelle future annonce.


Geely, futur géant mondial ?

Avec une croissance soutenue, une électrification massive, une organisation repensée et une stratégie internationale assumée, Geely s’impose désormais comme l’un des acteurs les plus ambitieux de l’industrie automobile mondiale. Plus discret que BYD, mais tout aussi structuré, le groupe chinois avance méthodiquement.

D’ici à 2030, la question ne sera peut-être plus de savoir si Geely intégrera le Top 5 mondial, mais quel constructeur historique devra lui céder sa place.

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