C’est un séisme discret dans le monde de l’utilitaire électrique. Renault vient d’annoncer officiellement qu’il prendra le contrôle total de Flexis, la co-entreprise qu’il avait créée en 2024 avec le groupe Volvo et l’armateur CMA-CGM. Une rupture de partenariat qui aurait pu tout faire capoter — mais Renault assure que les projets restent bel et bien sur les rails.
Qu’est-ce que Flexis ?
Lancée en 2024 avec de grandes ambitions, Flexis a été conçue pour développer une gamme révolutionnaire de fourgons électriques, construits sur une feuille blanche, avec une architecture technique de pointe. Architecture 800V, véhicules hyper connectés (SDV), plateforme entièrement repensée… Le projet avait rapidement été surnommé « le Tesla des utilitaires ». Rien de moins.
L’idée initiale : partager les investissements colossaux entre trois acteurs complémentaires — un constructeur automobile, un spécialiste du transport lourd et un géant de la logistique. Une alliance qui avait du sens sur le papier.
Pourquoi la rupture ?
Le communiqué officiel reste vague sur les raisons, mais les signaux s’étaient multipliés. Fin 2025, la direction de Flexis avait sollicité l’intervention du tribunal des activités économiques de Nanterre et demandé la nomination d’un conciliateur — signe que les tensions entre partenaires étaient bien réelles. Renault rachète donc les parts de Volvo (45 %) et de CMA-CGM (10 %) et se retrouve seul maître à bord, sous réserve de l’aval des autorités de la concurrence d’ici mi-2026.
Les lancements maintenus : bonne nouvelle pour les professionnels
Ce qui compte pour les entreprises et les flottes professionnelles, c’est la suite. Et Renault est formel : les trois modèles prévus seront bien lancés.
Le nouveau Trafic électrique ouvre le bal, avec une production attendue fin 2026. Viendront ensuite la Goélette — un dérivé du Trafic — et l’Estafette, un véhicule spécialement pensé pour la livraison urbaine du dernier kilomètre. Près de 1 300 personnes travaillent actuellement sur le projet en France.
Volvo Group, via Renault Trucks, assurera par ailleurs la distribution de ces véhicules à partir de 2027 — preuve que la collaboration n’est pas totalement enterrée, elle se réoriente simplement.
Ce que cela change pour le marché marocain
Au Maroc, le véhicule utilitaire électrique reste encore peu répandu, mais la demande professionnelle est en train d’évoluer. Les entreprises de livraison, les flottes logistiques et les acteurs de la grande distribution commencent à regarder sérieusement vers l’électrique, notamment dans le cadre de solutions de location longue durée (LLD) qui permettent de contourner le frein du coût d’acquisition.
L’arrivée d’utilitaires électriques premium, fiables et hyper connectés comme ceux de Flexis pourrait accélérer cette dynamique. Un Trafic électrique sur architecture 800V et connecté en permanence, c’est un outil de travail autant qu’un véhicule — et c’est exactement ce que recherchent les gestionnaires de flotte modernes.
À retenir
Renault prend un pari risqué en assumant seul le financement d’un projet initialement conçu pour être partagé. Mais le maintien des lancements envoie un signal fort : l’utilitaire électrique de nouvelle génération arrive, quoi qu’il arrive. Pour les professionnels marocains, c’est une tendance à suivre de près.
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